Notre référentiel, à nous, vraiment différent « cmmi-déploiement

Notre référentiel, à nous, vraiment différent

 

En passant du niveau CMMI 2 au 3 les projets d’une organisation passent d’un système dans lequel ils définissent eux-mêmes les règles qu’ils vont appliquer à un système dans lequel ils ajustent les règles définies par l’organisation à leurs propres spécificités.

 

En prenant un peu plus de hauteur on pourrait considérer que ce serait également un progrès de passer d’un système dans lequel chaque entreprise se définit son propre référentiel de gestion de projets (règles, guides, procédures …) à un système dans lequel chaque organisation reprend un référentiel défini par des professionnels des bonnes pratiques de gestion de projets pour l’adapter à ses spécificités propres.

 

Schématiquement :

 

niveau-de-definition-des-referentiels

 

 

Après plusieurs projets CMMI vous constatez que :

-        les référentiels de gestion de projets des entreprises se ressemblent tous

-        mais que malgré tout, à chaque fois, les consultants CMMI conseillent que l’entreprise forme des groupes de travail pour définir le référentiel “maison”

 

Pourquoi ? Parce que ainsi le référentiel sera mieux accepté quand il s’agira de le déployer.

 

Il ne fait aucun doute que des référentiels génériques comme CMMI ou Spice ne peuvent pas être repris tel quel, qu’ils doivent être adaptés aux spécificités des organisations une par une. Mais pourquoi réinventer la roue à chaque fois ? Les référentiels génériques ont été construits par des équipes expérimentées, des “professionnels du référentiel de gestion de projets”. Quels moyens une entreprise individuelle, même une grande, a-t-elle à opposer à cela ? D’ailleurs ces référentiels maison paraissent souvent bancals. Parfois ils sont aussi très bons mais justement, on perçoit l’effort immense qu’ils ont nécessité, et on se dit que cette énergie aurait aussi bien pu être consacrée au métier de l’entreprise.

 

Alors c’est vrai que construire un référentiel “à nous”, en impliquant de nombreuses personnes de l’entreprise, permet de paver la route pour le déploiement ultérieur. Mais je ne crois pas que ce soit la méthode la plus efficace pour parvenir à l’acceptation - il y en a d’autres qui n’impliquent pas que l’on réinvente tout un référentiel.

 

Dire que les troupes n’accepteront pas un référentiel étranger est faux également, à mon avis : nous acceptons bien les ordinateurs Dell ou HP que nous utilisons chaque jour, le bâtiment que nous n’avons pas construit, et le café que nous n’avons pas récolté nous-mêmes.

 

Alors oui, le référentiel est quelque chose d’un peu plus “sensible” que nos ordinateurs, notre bâtiment et notre café. Notre référentiel, c’est notre façon de travailler, ce sont nos lois, c’est ce qui nous “gouverne”, et ça, il faut que nous puissions le choisir pour l’accepter. Au-delà, notre référentiel est une partie de notre identité. D’ailleurs nous lui donnons un petit nom, c’est bien le nôtre.

 

Est-ce cela notre identité : une entreprise refermée sur soi, des individus jaloux de leur petit territoire ?

 

Il est vrai que créer notre propre référentiel nous permet d’exister, et d’exister en tant que groupe, avec une identité propre. A l’extrême, nous préférerions avoir également construit notre propre bâtiment, fabriqué nos propres ordinateurs, et que notre café vienne de nos propres plantations. Mais tout cela aurait un coût. Et je crois qu’un référentiel de gestion de projets fait partie de ce qui est trop cher à faire soi-même, par rapport à la satisfaction que nous pourrions en retirer, et le sens que cela donnerait à notre action d’entreprise.

 

Donc je recommanderais à une entreprise de choisir un référentiel générique existant et de le reprendre en l’adaptant à son activité spécifique. Le SEI permet que l’on reprenne le CMMI, qui est disponible sur son site. Rajoutez juste cette mention que votre référentiel d’entreprise est basé sur le modèle CMMI.

 

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