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Archive pour avril 2009

Derrière le discours des consultants CMMI

Lundi 13 avril 2009

L’une des raisons pour lesquelles, il me semble, les projets de déploiement CMMI échouent est que les consultants qui les animent arrivent avec un état d’esprit de “sachants” : “nous sommes des experts du modèle, nous avons été chefs de projets pendant 20 ans, et à présent nous allons vous expliquer comment vous devez vous y prendre, nous allons vous coacher”. Même si ce n’est pas dit explicitement, ça transparaît, forcément, dans la façon de faire. Voilà les projets de déploiement qui mettent deux ans et dont on sort traumatisé.

 

Pour faire un bon accompagnement il me semble qu’il faut justement s’y prendre de façon inverse : “vous êtes chefs de projets, dans votre secteur, avec ses problématiques propres, depuis x années. Je vais vous aider à formaliser cette somme de connaissances, à la partager avec vos collègues chefs de projets, à vous unir sur des modes de fonctionnement communs, et pour ma part je vous permettrai de confronter vos approches avec un modèle que je connais bien, CMMI, pour les enrichir”.

 

Autre chose que de l’humilité, et les gens se braquent, c’est normal. Dans l’idéal trouvez un consultant qui ait en effet une longue expérience de la gestion de projets sous CMMI mais soit capable de dire, et le pense, “la façon dont vous faites les choses est passionnante, et j’apprends tous les jours de nouvelles choses sur la gestion de projets à votre contact”. Voilà un discours dynamisant. A l’opposé, les experts, formateurs et autres coachs dans l’âme créent de la résistance. En fait ils connaissent bien CMMI et le métier de chef de projets, mais ils sont relativement incompétents pour mener un projet d’amélioration, parce qu’ils n’en font pas un projet collectif.

You can’t manage quantitatively what you can’t measure

Dimanche 12 avril 2009

J’ai encore eu droit récemment à “you can’t manage what you can’t measure”.

 

A chaque fois ce commandement me fait penser à cette histoire du passant qui, de nuit, voit un homme accroupi sous un réverbère et lui demande ce qu’il fait, l’autre lui répond qu’il a perdu ses clefs, et ils se mettent tous deux à chercher jusqu’à ce que le premier demande au second s’il les a bien perdues dans cette zone-là, et l’autre de lui répondre “je n’en suis pas sûr, mais en tout cas ici il y a de la lumière”.

 

Sans aucun doute, on gère mieux ce que l’on mesure. Et l’objet de systèmes type TQM, CMMI et autres 6 Sigma est justement d’étendre le périmètre éclairé par nos réverbères, jusqu’à tout éclairer, dans l’idéal.

 

Mais je crois que les temps ne sont pas encore proches où nous comprendrons tout de la nature qui nous entoure, où nous saurons de quoi demain sera fait. En attendant, il faut aussi explorer les zones d’ombre. Et à cela l’intellect ne suffit pas, il faut aussi un peu de courage.